ACTIVITÉS RÉCENTES

Promenade géologique à Yammouneh

Le samedi 3 Octobre 2009 l'Aligef a organisé une promenade géologique à Yammouneh en compagnie du directeur du Centre de Recherches Géophysiques au CNRS M. Alexandre Sursock. Ce dernier a eu l'amabilité de nous guider et nous instruire tout le long du parcours à l'aide de photos aériennes et de très amples explications sur la structure tectonique du Liban et particulièrement sur la faille de Yammouneh.

M. Sursock a résumé cette visite comme suit :
" Notre projet en allant visiter le site de Yammouneh était d'apprendre à identifier le passage de la faille dans le paysage. Cette faille est en effet, une structure tectonique de première importance puisqu'elle marque la frontière de deux continents: à l'Ouest, l'Afrique; à l'Est la Péninsule Arabie. Après avoir jeté un coup d'œil à la cascade - canal à ciel ouvert - de Chlifa, nous avons poursuivi notre chemin par le vallon du village de Dar-le-Wassaa pour nous arrêter sur la crête qui domine le bassin de Yammouneh où nous a rejoint Nazem (Abou-Ali) Chreif; tohu-bohu instantané, photos, etc. Nous faisions face à l'Ouest et donc sur les photos que vous avez pu prendre, nous étions en Arabie...

Revoyez vos photos: en face le versant E du Mont-Liban tombant avec raideur vers le bassin. Juste à son pied et en face de nous, une structure rocheuse d'où jaillit avec force au printemps le Nab'-le-Arbaïn légèrement en retard par rapport à la source de Afqa qui lui est opposée sur le versant W. La grotte est inexplorée et on y trouve la trace de monuments antiques. En face encore, à droite et à gauche, on peut remarquer les ruisseaux qui dévalent la pente et qui aboutissent en éboulis formant cônes (cône de déjection). Au N donc à droite sur vos photos, j'aurais souhaité vous montrer comment ces ruisseaux loin de suivre la ligne de plus grande pente comme à gauche forment des coudes correspondant au mouvement décrochant de la faille. Puis nous avons tenté de rejoindre la carrière à l'extrémité sud du bassin en vue de vous faire toucher du doigt la faille qui traverse la roche dure à cet endroit en la broyant. C'est la zone de cisaillement et ses brèches (roches broyées, compactées, recimentées) qui est exploitée par la carrière pour extraire facilement de la caillasse comme matériau de construction.

Nous avons manqué ces deux observations pour nous être attardés à manger des pommes au Balou', gouffre où l'eau de Yammouneh, elle-même jaillissant d'une résurgence formant des étangs au milieu du village - là encore des vestiges d'un temple au fond de l'étang -, disparaît dans un tunnel foré par la puissance mandataire dans les années 1930 avec le concours des habitants. C'est cette eau-là qu'on retrouve côté Békaa dans le canal de Chlifa. C'est le drainage de cette eau qui a asséché la partie cultivée illicitement.

Avant cela, le lac de Yammouneh était pérenne et les habitants y faisaient une pêche abondante d'un poisson endémique de ce lac. On me dit que les poissons réapparaissent chaque printemps au moment fugitif où le bassin se couvre d'eau. Ils vivaient également de l'exploitation des moulins à eau dont on voit encore quelques vestiges notamment au Balou'.

Mais le lac ancien ne couvrait que la moitié sud du bassin. Au nord du Balou' et de la route qui le divise en deux, la couverture sédimentaire change de couleur et devient ocre. Ce sont en effet les sédiments apportés par la rivière de Aïnata qui coule du N au S et qui ont fini par bloquer son passage vers le bassin.

J'ai dit que la faille de Yammouneh séparait deux continents. Elle présente à cet endroit une autre caractéristique remarquable. La carrière se trouve côté E du bassin alors que la trace de la faille coupe au nord les cônes de déjection sur le flanc du Mont-Liban. Cela signale un léger retard du mouvement de la faille côté sud par rapport à son segment nord. C'est ce décalage qui en créant un "vide" a permis la formation du bassin et son remplissage par les sédiments au cours des ères géologiques. Il a justement la forme d'un parallélogramme à qui on donne le nom scientifique de "pull-apart", expression qui exprime bien se tiraillement tectonique.

Nous aurions voulu également aller vers Aïnata et prendre la route du col des Cèdres pour embrasser toute la vue du bassin comme il apparaît sur ma photo. Nous aurions pu également aller jusqu'à un autre pull-apart plus au Nord, c'est-à-dire Ouyoun Orghoch chez la famille Tok; plus au N encore on trouvera Jbab le-Homr et la famille Dandach, Marjhine et les Jaafar, tous lieux absolument paradisiaques, séjours éventuels de paradis artificiels. Vous pouvez suivre la route des pull-apart en 4x4, c'est autant de découvertes merveilleuses comme cela a été le cas pour Yammouneh.

Pour finir, puisque j'ai la plume, c'est l'occasion de vous exprimer à nouveau tout le plaisir que j'ai eu de passer cette journée en votre si bonne compagnie.

Pour les curieux, aller voir mon web à propos de l'exploration marine Shalimar que notre Centre a réalisée en 200. "

Notre visite fut suivie d'un savoureux déjeuner, convivial et bien arrosé, à Taanayel, dans les vignobles de Massaya.


     
Charles Abdallah Rita Méouchy et Zeina Debahy

     

Misbah Natour & Maurice Ghazal Josyan Skaff

     
Joe Houayek & Lutfallah Hage A. Sursock, E.Skaff & P. Debahy

     
Alexandre Sursock & Nabil Nassif Aziz Bassoul & Norma Nassif

     
Christian et sa caméra Gino Cassia

     
Huguette Sakkal & Paulette Natour Jacques Koniski

     
Mahmoud & Walid Baassiri Souha Abi Raad & Jad Sayegh

     
Elias Houayek & Souha Abi Raad Photo de groupe

     
Maghda Kharrat & Raoul Nehmé Alexandre Sursock & Abou Ali Chraif

     
Abou Ali avec les pommes Yammouneh et son ex lac

     
Yammouneh et sa plaine Yammouneh

     
Alexandre Sursock & Pierre Debahy Joe Houayek, Jad Sayegh & Souha Abi Raad

     
Huguette Sakkal, Paulette Natour & Zeina Debahy Gabriel & Christian Char

     
Jacques Koniski Nabil Nassif

     
Yammouneh - Zone de Cisaillement Faille de Yammouneh


Failles du liban